Le Serpent vagabond

Blog d'un pharmacien remplaçant vagabondant en Lorraine, ma terre natale bien aimée, pour parler de tout et de rien.

20 août 2007

De quoi j'me mêle....

doudou_infirmiere_love_gd

Dans l'anonymat quasi général, notre bien aimée Sécu a pondu une nouvelle règle s'appliquant, mine de rien, à une ordonnance sur 2. "Ils" ont décidés de ne plus rembourser la majorité des préparations magistrales. La plupart d'entre nous se contenteront de hausser négligemment les sourcils et de dire: Et alors? Ben, et alors.... Ces préparations regroupent entre autres le cérat de Galien (bon, pas beaucoup de personnes connaissent...), le soluté de Millian (les mères et futures mères se rapprochent), l'éosine (ça se précise) et l'alcool modifié entre autres. Là les sportifs du dimanche se disent que mine de rien le prix de l'entorse a vachement augmenté et que le pansement alcoolisé 2/3 d'eau 1/3 d'alcool va leur rester sur l'estomac. Sans parler des diabétiques qui hurlent à l'hérésie, au meurtre et à la trahison. Mais ce n'est pas tout.
Les hauts responsables de la Sécu ont déremboursé il y a environ 3 ans, les spécialités dermiques contenant des antibiotiques. Les médecins ont alors prescrit des préparations magistrales remboursées (PMR) associant les 2. Et ces préparations dermatologiques qont de nouveau dans le collimateur de la Sécu. Ne pouvant dérembourser unilatéralement les PMR, "ils" ont décidés (asseyez-vous) d'exiger du médecin une inscription manuscrite "Préparation à but thérapeutique en l'absence de spécialités équivalentes disponibles" devant toute tentative de PMR, histoire de dire, "Coco, prend tes responsabilités sur ce que tu prescris." Car les PMR ne sont pas que des mélange de crème, ce sont aussi des gélules pour les bébés et les enfants quand les spécialités pédiatriques n'existent pas. Mais aussi des sachet, des sirops..... bref des trucs utiles.
Au début de l'application de cette nouvelle loi, de nombreux médecins, ont décidé que non et non, ils ne marqueront pas tout ce laïus. Mais devant le mécontentement de leurs malades, la plupart a fait marche arrière. Mais cela n'est pas encore parvenu jusqu'à l'hôpital, qui comme d'habitude vit sur sa planète et se fiche royalement de la médecine et de la pharmacie de ville.
Un de nos patient, bien atteint sur le plan dermato, a eu une prescription de mélange de pommade, mais évidemment sans le petit discours manuscrit. Je lui ai fait préparé sa pommade et avancé le produit en lui demandant de faire rëprescrire correctement par son médecin  la prép'. Ce patient était obligé de faire faire ses pansements à l'hôpital, car une infirmière de ville n'est pas capable de lui appliquer de la pommade et de faire des bandages (ce n'est pas de l'ironie, c'est une "vérité" ennoncée par un service de dermato). Lorsque le patient a expliqué à l'infirmière du service qu'il voulait une nouvelle prescription celle-ci a hurlée quelle comprenait pas pourquoi la pharmacie ne voulait pas tarifier la pommade, qu'on était des incapables, etc... Je n'ai répondu qu'une seule chose: De quoi j'me mêle? Chacun son job.
On a déjà assez de mal à tout  gérer, le malade, son ordonnance, les problèmes de Sécu, de mutuelle, de remboursement, pour que la pimbêche de service donne son avis alors qu'on lui demandait rien. Et je dois avouer autant les relations avec les infirmières libérales sont cordiales, autant celles avec les infirmières hospitalières sont tendues. Je ne ne dénigre pas leur travail, souvent fantastique. Mais en France l'hôpital et la Ville sont des domaines tellement éloignés l'un de l'autre dans leur vision des choses qu'il est inutile que l'un cherche à mettre des bâtons dans les roues de l'autre.

Posté par Skat à 22:53 - Pharm'actualité - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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