20 novembre 2007
Double peine.
Non, je ne parle pas du thème cher aux droits-de-l'hommistes. Non, je parle des malades du cancer ou d'Alzheimer et des fameuses franchises médicales. Elles seront mises en place pour financer la recherche sur le cancer, Alzheimer et autres maladies-qui-font-peur. Enfin en théorie, car si c'est comme la trop célèbre automobile, les malades ne sont pas sauvés..... Ces franchises qui toucheront tous les actes paramédicaux, les transports sanitaires et les médicaments concerneront tout le monde. Tout le monde sauf les enfants, les femmes enceintes et .... les bénéficiaires de la CMU. Quand aux malades des dites maladies et ben ils paieront. Comme tout le monde. Ils paieront pour leur maladie et à cause d'elle. La double peine. Une double peine qui mériterait des manifs monstres, des interventions enflammées de pipoles ou du réveil de l'oppposition (si tant est qu'elle vive encore). Et bin, non, personne pour s'en émouvoir, comme si tout était normal. Comme si dans notre société la maladie était une punition pour ceux qui n'auraient pas suivis les sacro-saintes règles des 5-fruits-et-légumes-par-jour et du pas fumer, pas boire, pas conduire,..... T'es malade, c'est de ta faute, paye! Cette mesure est tout simplement l'enterrement définitif du sacro-saint principe de solidarité qui régissait la Sécu dès sa création. Il n'y a pas plus injuste comme mesure. Mais non, les manif' sont réservées à la défense des "acquis sociaux". Oh, y'a bien une banderole ou 2 dans la foule contre les franchises, mais si peu. Chacun défend ces intérêts personnels, ses privilèges, son bout de trottoir... Mais il ne faut pas oublier que toute personne bien portante est un malade qui s'ignore... Ceux qui ont des œillères aujourd'hui, auront des surprises demain, quand il faudra passer à la caisse.
17 novembre 2007
le chiffre du mois
196. Le chiffre du mois, celui du mois écoulé pour être plus précise. Le nombre exact de mes heures travaillées en octobre. Non, je n'ai pas décidé de suivre la fameuse maxime de notre vénéré Empereur (<---ceci est de l'ironie) "Travailler plus pour gagner plus". Encore que mécaniquement, j'ai effectivement gagné plus...... Non, juste le mois d'un d'un pharmacien adjoint-remplaçant-à-tout-faire qui enchaîne les remplacements, les assistanats et les kilomètres. Inutile de préciser que je suis sur les rotules et que j'accueille les jours "chômés" avec bénédiction. Et encore heureux que je n'ai pas appliqués les préceptes de Marie Antoinette Lagarde, notre bien aimée reine de l'économie, en me rendant au boulot en vélo. Je sais c'est mauvais pour l'environnement, mais c'est meilleur pour ma vie étant donné la dangerosité des routes empruntées. Je vais pouvoir faire de jolis cadeaux à ma famille et à moi-même et après? Je vais être tout le mois de novembre à m'en remettre avant de (presque) recommencer en décembre... Et je ne vais même pas pouvoir prétendre à la retraite à 50 ans car mon métier n'est même pas pénible. ^_^
13 novembre 2007
20 ans pour l'éternité
En ces temps de commémorations, j'apporte mon humble contribution. Je sais ça fait longtemps que je n'ai pas posté ici, mais le temps me file entre les doigts plus vite que les grains de sable de mon propre sablier...
J'habite à quoi, 50, 60 km de Verdun. Mais jusqu'à récemment je n'y étais allé qu'en touriste, pour flâner ou travailler. Si la Seconde Guerre mondiale me touche personnellement, la Première ne suscitait tout au plus qu'une indifférence polie. Mais une amie de la famille venue du Poitou a voulu voir Verdun, son Mémorial, ses champs de bataille et l'ossuaire de Douaumont. Ce qui m'a frappé ce n'est pas l'alignement impeccable des innombrables croix blanches, ni l'empilement des os blanchis du sol de l'ossuaire. Même si les restes des malheureux combattants offerts à la vue de tous vous rappellent de manière implacable que nous sommes peu de choses sur cette terre. Non, ce qui m'a marqué, moi qui avait 26 ou 27 ans, ce sont les dates de naissance de tous ceux qui sont tombés. Ces dates gravées dans la pierre jaune de la voûte de l'Ossuaire. Tellement nombreuses qu'elles donnent invariablement le vertige, vous plaçant en plein milieu d'un catalogue funèbre minéral. Ils étaient tous nés en 1894, 1895, parfois avant, parfois après, mais guère plus. Pour nous, cela remonte loin, presque 2 siècles, pour eux cela faisait tout juste 20 ans. 20 ans et mourir, pour tout et pour rien. 20 ans pour l'éternité.

